Appartient au cycle : Regards critiques
Le direct, le synchronisme
Regards critiques. La part sonore du cinéma
Projection de “Paysage”, de Sergueï Loznitsa, 2002, 60 min. Cette dernière séance nous permet de considérer le son direct, ferment du cinéma documentaire. Le genre à propos duquel le preneur de son Antoine Bonfanti disait : « le son y est politique ». Ici Loznitsa engage une grande liberté de forme, tant avec l’image qu’avec le son. Son film nous montre comment le son peut engager notre regard à scruter l’image plus loin encore. Il nous incite à penser la forme comme dispositif d’analyse. Comment faire mieux entendre un réel saturé, fouiller dans le surgissement des paroles? Ici, l’évacuation de tout commentaire -voix off et musique- favorise l’attention. Le peu de synchronisme permet mieux à l’auteur de construire librement la progression de son récit. Pas à pas, les voix directes nous disent l’état de souffrance du pays. Et le spectateur associe ce qui est séparément offert à son oeil et à son oreille, imaginant en sous-main un synchronisme à l’ouvrage.
08 juin 2009
01 heure(s) 09 minutes(s) 19 seconde(s)
Daniel Deshays
Catherine Blangonnet, responsable de la mission pour l’audiovisuel de la Direction du livre et de la lecture, rédactrice en chef de la revue Images documentaires
Publié le 15/01/2009
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